A chaque jour suffit sa peine
Voyage autour du monde, sens sud /nord continent américain, nord /sud continent européen.

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Tony et ses amis

 

Tony est arrivé de Hollande au Canada avec ses parents, ses 10 frères et sœurs, lorsqu’ il avait 14 ans ; et comme aîné il a, comme il dit, plus d’une fois dû « torcher le cul » de ses frères !   Relation conflictuelle avec le père et amour tendre et secret avec la mère, Tony s’est construit seul. Aujourd’hui, il a encore cette « gueule » prête à affronter le monde et que je retrouve sur les photos qu’il me montre de sa jeunesse.
Père lui-même de 8 enfants, que j’ai presque tous rencontrés et qui ne sont pas toujours tendres avec lui - l’amour qu’on porte à ses parents est le seul amour dont on n’est pas responsable - m’ont accueilli avec la même simplicité et franchise.
Mais que dire alors de ses amis ? D’abord ils portent presque tous des noms qui sentent bon la terre et la nature : Larivière, Bauchemin, Lamotte, Larose . . . mais ils ont tous en commun l’offre d’amitié spontanée et sincère, l’émotion facile et l’affection rapide et entière. Que ça fait du bien ! Mais plus encore, j’ai été non seulement séduit mais époustouflé par ce que ces hommes ont fait et réalisé, simplement avec leurs mains, sans formation ni apprentissage spécifique, juste pour le plaisir et la passion !
Marcel, dont le métier était « transporteur de maisons », fabrique des violons, il en a réalisé plus de vingt ! Son frère fabrique des avions, il en a réalisé huit ! Un autre fabrique de toutes pièces des modèles réduits de tracteurs à vapeur (30.000 heures de travail) ! Propriétaires de bateaux, avions, skidoos, collectionneurs de motos anciennes, vrais chasseurs et pêcheurs, amoureux respectueux de la nature, buveurs de bière avec ou sans alcool, en voilà des « papys » qui pètent la forme et qui gardent sans crainte les yeux ouverts sur le monde, tout en continuant à bien rigoler ! Ce fut pour moi un honneur de faire leur connaissance.


Publié à 08:43, le 23/06/2010, Canada
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Le pays le plus grand du monde

 

Mais que dire de ce pays si grand et si vide. Je n’ai en effet rien à raconter si ce ne sont que des descriptions de paysages, forêts et lacs que j’ai longé durant des centaines de kilomètres en contournant le Lac Supérieur qui m’a amené au Québec. Ca risque d’être barbant !
Voilà sept mois que je n’ai plus parlé le français et me suis appliqué à perfectionner l’espagnol et l’anglais. Et puis tout d’un coup, « tabernacle » et « calice », je fais la connaissance de ces terribles québécois qui prennent bien de la place, même s’ils n’occupent qu’un pourcentage des 15 % du total des 100% du territoire canadien !
Si de nombreux souvenirs, de densité et de qualité diverses, des détails sur la vie, des reflets de caractère et des mentalités de personnes rencontrées occupent les tiroirs de ma boîte à souvenirs, je vais trouver chez eux la simplicité et l’offre d’amitié directe et véritable que je n’avais pas encore trouvée jusque là. Nous autres Européens n’avons pas d’emblée cette franchise d’accueil ; comme si nos traditions poussiéreuses et notre réserve dans le contact se devaient de prendre le pas sur la confiance spontanée.
Et le sésame de mes contacts québécois a été un homme. Un homme qui porte en lui seul la responsabilité de mon séjour très particulier au Canada. Sa rencontre ne date pas de mon arrivée au pays . . . elle date de mon passage au Costa Rica.
Retour en arrière d’un mois et demi sur l’échelle du temps.
Sur la route de la côte je m’en allais roulant vers l’étape qui suivait la dernière et précédait la suivante, durant ces périodes où on se laisse vivre, où on ne pense à rien et on ne s’attend à rien, si ce n’est d’arriver à la destination prévue. . .
Il y a un accident sur la route et une file se forme. Le temps passe lorsqu’un individu frappe au carreau. Le visage est jovial et déjà je sens que j’ai affaire à un homme de contact.
Tony a raté son destin, mais non pas sa vie, il aurait dû être « public relations » ! Me suivant et ayant reconnu ma plaque belge et ayant été attiré par mon circuit indiqué sur le véhicule, il n’a pas pu s’empêcher de cogner à mon huis !
« Parler-vous français, do you speak English, hable castillano ? » ; le choix se porte sur le français car Tony, comme vous ne vous y attendiez pas, est hollandais et me confesse que son « nederlands » laisse quelque peu à désirer. Notre conversation tourne court car la file se met en route, et il me fait signe de le suivre. Il m’emmène chez un ami suisse, chez qui séjourne des amis québécois, et me voilà flanqué inopinément de nouvelles connaissances francophones en un tour de mains . . . de Tony ! Gérard et son épouse costaricaine, Luc et Véronique, et Tony.
Tony, il est comme ces « pack » de canettes, le genre qu’on ne peut pas acheter à la pièce ; il faut le prendre tout en un, mais on en a plein les mains ! Il est Canadien, Québecquois, Hollandais, Costaricain et parle toutes les langues, et le connaître c’est connaître tout le monde.
S’il n’est plus un perdreau de l’année - il fêtera prochainement ses quinze lustres - son oeil est resté vif et son goût pour les dames est toujours intact !
Arrivé au Canada, il m’a accueilli comme un frère, gardé comme un compagnon de route et quitté comme un véritable ami. Tony, je ne t’oublierai pas !
Et c’est promis, j’apprendrai tes chansons à tous mes petits enfants . . .
 
Een kleine krullebol
Die had zijn handjes vol
Met lekker suikergoed
Dat smaakte, Oh zo goed
 
Maar toen zijn moeder kwam
Met een lekkere boterham
Toen zij die lekkerbek
Ik heb geen trek
 
 
Drie kipjes liepen op een rij
En legde elk een prachtig ei
Zij riepen tok tok tok tok tok
En haasten zich naar het kippenhok
 
Het haantje kraaide kukuleku
Dom kippenvolk, wat doe je nu ?
Die eitjes horen in het nest
Dom kippenvolk, dat weet je best
 
Teon zij een kipje” hoor eens aan
Wat heb je toch praatjes aan
Leg jij maar in het nest eerst een ei
En op je voorbeeld volgen wij”
 
Het haantje stond beteuterd daar
Want de kipjes lachten met elkaar
En nooit heeft de haan meer gezegd
Waar het ei moest worden neergelegd
_________________________________________________________________


Publié à 08:42, le 23/06/2010, Canada
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Le Loup

 

Les Rocky Mountains, comme leur nom l’indique, sont des montagnes avec beaucoup de rochers, des arbres principalement épineux et quelques feuillus que Dame Nature a accordé avec délicatesse, élégance et un raffinement qui impressionnent. Le décor grandiose, sur fond de cimes enneigées, invite à la découverte et le soleil a justement décidé d’ajouter ce jour-là son éclat à l’ensemble de ce tableau féerique.
Ca grimpe le long de sentiers balisés avec discrétion et naturel pour atteindre des sommets enneigés et glacés. Quelques lacs en partie gelés reflètent en miroir la parure des arbres et les oiseaux chantent à tue tête leurs chansons inspirées du printemps naissant. Ecouter et ne pas faire de bruit et voir sans attendre s’agiter la gent trotte menu qui se manifeste sans crainte ; rassasier avec délice sa fringale de nature, de couleurs et d’odeurs offertes ici à volonté, quel pied !
Vers la fin de l’après-midi, alors qu’on retrouve la plaine, on aperçoit au loin une harde d’une centaine de biches broutant paisiblement. Une personne les observe déjà et nous fait part de sa surprise en croyant avoir aperçu comme un gros chien qui ne semble pas être un coyote. Avec nos puissantes jumelles, je repère la bête qui se prélasse dans les derniers rayons du soleil couchant. Ce n’est incontestablement pas un coyote, ni par sa taille, ni par sa couleur. C’est fascinant et excitant à la fois de réaliser qu’on se trouve peut-être à quelques centaines de mètres d’un loup ! Qui peut encore dire aujourd’hui qu’il a vu le loup, hein ?
La bête se lève alors et trottine paisiblement vers les couverts. Elle est très grande, plus grande semble-t-il qu’un berger allemand. Je n’en reviens toujours pas tant la surprise est totale et pour le moins inattendue.
Le soir, au campement, je croise la « Ranger » à qui je signale avoir vu un loup. Elle me répond amusée qu’il n’y a pas de loup dans les « Rockies ». Lui disant que j’ai pris des photos au téléobjectif, sa mine se fait soudain plus grave. Et elle m’embarque dans son 4X4 direction quartiers généraux des Rangers du Parc. Nous rencontrons ensemble l’officier responsable de la faune qui charge mes photos sur son ordinateur. On zoome au maximum et je ne suis pas peu fier de voir « mon loup », un peu flou sans doute, occuper l’écran. Un long silence, que je prends pour éloquent, me confirme que le doute existe réellement. C’est on ne peut plus troublant et la présence d’un loup implique pour le parc des difficultés imprévues. Il se pourrait qu’il soit venu du « Yellowstone Park » à plusieurs centaines de kilomètres de là !
Comment savoir ? L’officier nous fait alors une petite conférence sur les crottes, éléments essentiels pour la compréhension de la vie animale sauvage. Forme, grandeur, texture, composition sont autant d’éléments révélateurs.
A la réflexion, il nous signale cependant que la forme des oreilles est plus ronde chez le loup et n’exclut pas qu’il se pourrait que se soit un « hybride chien coyote ».
Il ne nous reste plus alors que partir à la chasse aux crottes !
Si crottes il y a, contiennent-elles des poils ? Le coyote mange ses proies avec le pelage, le loup ne mange que la viande.
« Crotte, je n’irai pas, je veux continuer à croire au loup ! »


Publié à 08:40, le 23/06/2010, Etats-Unis
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L'Auvergnate ontarienne

 

Si d’emblée le passage des Etats-Unis au Canada ne surprend pas tant l’habitat, l’environnement, le trafic, le comportement et bien sûr la langue (à l’exception du Québec) des gens semblent similaires, nous n’avons manifestement pas affaire au même monde ! Le plus grand pays du monde, qui n’est peuplé que sur une bande sud correspondant à +/- 15% de son territoire, est celui des Canadiens et de personne d’autre ! La suite va me le prouver plus d’une fois.
Quelle immensité et quelle nature enivrante de beauté et de grandeur !
Ces dernières semaines passées sur les routes traversant plaines et montagnes, villes et villages, champs et prairies, bois et forêts ne m’ont offert que le plaisant spectacle de gens de tous âges et de toutes conditions allant, cheminant, pressés ou pensifs, à leurs occupations la tête toute à leurs projets. Voilà ce que mes souvenirs me rappelaient et je sentais comme un manque de cette joie dont j’étais chaque fois saisi au sortir de mes rencontres par le passé récent. Avais-je perdu la clef «de contact»?
Et puis ne plus avoir depuis longtemps rencontré de ces personnages hors du commun, de ces êtres qui ont en eux cette chose étrange que certains appellent l’esprit ou qu’ils soient tout simplement possédés d’un certain extrême, me pesait.
Et de me dire que tout arrive à celui qui sait attendre !
De grands axes relient les villes et le choix ne s’offre plus d’opter pour les petites routes que j’avais pris l’habitude d’emprunter jusqu’à présent. Le Canada est un pays d’eau et les lacs foisonnent ; le mariage des arbres, des rochers et des eaux est un spectacle dont on ne se lasse pas, mais qui est également un obstacle à la multiplicité des routes et des chemins.
Depuis le Colorado, je n’ai cessé de poursuivre le printemps sans le rattraper ; plus je progresse vers le nord et plus j’ai l’impression que nous avançons de conserve vers un été qui aurait manqué son rendez-vous. Mais un printemps permanent n’est pas pour me déplaire et je rencontre quelques animaux qui viennent de sortir de leur torpeur hivernale : orignaux, biches, ratons laveurs, marmottes, écureuils et nombres d’oiseaux avec déjà des brindilles dans le bec.
Nous n’avons pas encore passé le 15 mai, date d’ouverture des campings et lieux de bivouacs et j’éprouve quelque difficultés à me caser. J’ai toujours pris l’habitude de rechercher un lieu pour passer la nuit avant la tombée du jour et la chance me sourit en apercevant un petit restaurant à l’avant d’un camping qu’affiche un grand écriteau «Open». Une journée entièrement passée à conduire est souvent abrutissante et je me réjouis d’avance de pouvoir passer une bonne nuit après avoir pris une bonne douche. Mais ma joie sera de courte durée, le resto est ouvert mais le camping est encore fermé !
C’est sans doute devant ma mine déconfite que l’hôtesse me dit spontanément que je peux malgré tout rester au camping et qu’elle va immédiatement veiller à ce que j’ai de l’eau chaude. Je reste sans voix alors qu’elle refuse que je paie mon emplacement et tourne les talons pour s’occuper des quelques clients de son établissement.
Le camping est vide, tout comme la piscine, et on n’a pas encore commencé le nettoyage et les retouches de peinture d’avant saison.
Il va de soi que pour la remercier, je me dois de fréquenter le restaurant de cette charmante dame et me promet en moi-même d’engloutir force hamburgers, frites et bières pour compenser son manque à gagner.
Après avoir copieusement mangé de ce qu’il y avait de plus cher sur une carte maigre comme un vendredi saint et ce sans bière (refusée car pas de patente), je m’acquitte d’une note encore moins salée qu’une meringue.
Me rendant ma monnaie, elle me tend un sac en papier contenant une cannette de bière, avec un sourire franc et éclatant, tout en me souhaitant une bonne nuit.
« Toi, l’hôtesse quand tu mourras, quand le croque-mort t’emportera, qu’il te conduise à travers ciel au Père éternel ! » (G. Brassens)


Publié à 13:23, le 14/06/2010, Canada
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La jeunesse de l'Oncle Sam

 

Si pour nous Européens, une trace du passé datant de quelques milliers d’années ne nous émeut pas outre mesure et ce pour la simple raison que nous côtoyons les «vieilles pierres» pratiquement tous les jours, il n’en est pas de même pour les habitants d’Amérique du nord.  Les traces de leur passé, ce sont les indiens et les cowboys, les chercheurs d’or et les hors-la-loi, la prohibition et les gangsters.
C’est peut-être un peu court et lapidaire pour résumer le passé et la culture de ce grand pays. Mais lorsqu’on passe par la route au travers des états des Etats-Unis, on rencontre, en entrant dans les centres d’informations, une documentation considérable traitant justement de la conquête de cet immense territoire que des colons, majoritairement d’origine européenne, ont entrepris il y a seulement 350 ans.
Ca ne fait que trois siècles et demi !
Hernan Cortès, sans doute le plus grand des conquistadores, est né en 1485 et a véritablement investi le continent américain que +/-35 ans plus tard. Le Nouveau Monde commençait à peine à sortir des nébuleuses et mythiques « Indes » de l’imagination de Christophe Colon et à prendre la forme historique de l’empire espagnol américain.
Leurs héros sont donc ces personnages hors du commun qui ont bâti avec volonté, courage et souvent une abnégation totale un pays qui restera perpétuellement neuf. Et personne ne conteste plus aujourd’hui qu’ils l’ont volé par la force aux Indiens qui habitaient ce continent ! Il faut cependant se placer dans le contexte de l’époque où la vie et le destin de l’homme n’avaient pas la valeur et le respect qu’on lui attribue aujourd’hui.
J’ai donc choisi, après mon passage au Colorado, de traverser le pays d’ouest en est au travers de l’énorme territoire de l’Amérique profonde, pour remonter vers le Canada à la frontière avec l’Ontario. En négligeant volontairement les côtes, je décide de suivre «The Great Prairie Highway» dont la mythique Santa FeTrail !
Durant 60 ans, cette route du commerce couvrant près de 900 miles des Great Planes entre les Etats-Unis (Missouri) et Mexico (Santa Fe), a rassemblé une mosaïque culturelle d’individus qui ont le plus souvent coopérés et plus d’une fois guerroyés.
Ce terrain fertile en surprises et en conflits a vu se rencontrer des milliers d’hommes : commerçants, chercheurs d’or, émigrants, aventuriers, montagnards, chasseurs, Indiens Américains, guides, traducteurs, porteurs, invalides, reporters ainsi que des hommes sans loi et sans scrupules pour qui la faiblesse et le dénuement des uns et l’innocence des autres constituaient des proies faciles. Sur ce tracé, les conducteurs, avec leurs mules et leurs bœufs, étaient le sang circulant dans cette veine que devait approvisionner un pays en pleine construction. Ce sont les Nouveau Mexique, Colorado, Kansas, Missouri, Nevada . . . où se créent des villes comme Dodge City, Kansas City, Wichita, Hannibal, St.Louis, Cheenne . . . et où naissent des Daniel Bonne (colonisateur, explorateur, chroniqueur), Mark Twain (Ecrivain et humoriste), Wild Billy Hickok (Archétype du pistolero), Calamity Jane (Destin hors du commun d’une femme rebelle), Wyatt Earp (Célèbre shérif), Geronomo (Grand Chef Indien), Buffallo Bill (le tueur de buffalos) et bien d’autres.
La réalité du terrain aujourd’hui relève encore beaucoup de traces de ce passé pas si lointain, et il arrive parfois qu’on s’attend à voir le petit fils de John Wayne sortir de derrière un buisson, et qu’on peut y visiter des parcs immenses où paissent quelques centaines de bisons dans une nature bien mieux préservée que chez nous. L’agriculture a bien sûr conquis ces grands espaces plantés curieusement deci delà de derricks, tristes poules métalliques qui picorent d’un mouvement lent et inlassable une graine virtuelle qu’est le pétrole qu’on trouve ici à petite profondeur.
Daniel Boone (à ne pas confondre avec Dany Boon) a dit : «  Curiosity is natural to the soul of man and interesting objects have a powerful influence on our affections ».
J’en ferai mon crédo.


Publié à 13:21, le 14/06/2010, Etats-Unis
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